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Spider-Man 2 vf

Infos:
Spider-Man 2 est un film de super-héros américain de Sam Raimi, sorti en 2004. C'est la suite de Spider-Man (2002) et précède Spider-Man 3 (2007).
Résumé Détaillé:
Cela fait deux ans que Peter Parker passe son temps, entre ses cours et ses loisirs, à lutter contre les malfaiteurs sous l'identité de Spider-Man. Mary Jane Watson doit bientôt épouser le fils de Jameson (le rédacteur en chef du journal local) et Harry Osborn cherche toujours à se venger de l'homme-araignée car il le tient pour responsable de la mort de son père, Norman Osborn. Peter arrive en retard à presque tous ses cours, a du mal à gagner quelques dollars pour payer son loyer et ne parvient pas à retrouver un équilibre de vie.

Dans le cadre d'un projet financé par Oscorp, Harry invite Peter à rencontrer le docteur Otto Octavius, qui, persuadé d'avoir découvert une source d'énergie aussi puissante que le Soleil, a mis au point des bras mécaniques intelligents qui permettent de manipuler à distance la fusion. Quelques jours plus tard, Octavius présente son invention à plusieurs personnes, dont Peter et Harry. L'expérience dégénère et Rosie, la femme d'Octavius, meurt tandis que ce dernier reçoit une décharge électrique et perd connaissance. Spider-Man arrive à stopper la catastrophe, sauve la vie de Harry mais celui-ci est désormais ruiné à la suite de l'échec d'Octavius. Il se met à boire et élabore un plan pour se venger de Spider-Man, qui, selon lui, l'a humilié en le sauvant. Alors qu'Octavius doit être opéré afin que ses bras mécaniques lui soient retirés, il tue involontairement les chirurgiens et s'échappe de l'hôpital. Désormais contrôlé mentalement par les bras, il décide de tout mettre en œuvre pour améliorer sa création.

Perdu et se rendant compte que ses pouvoirs disparaissent, Peter décide d'arrêter d'être Spider-Man et jette son costume dans une poubelle (il sera récupéré quelques jours plus tard par Jameson du journal local). Dès lors, Peter redevient un élève studieux et parvient à retrouver un équilibre de vie correct. Il éprouve d'ailleurs le besoin d'avouer à sa tante May que c'est sa faute si son oncle Ben est mort, et raconte ce qui s'est passé exactement le soir du meurtre. Plus tard, cette dernière félicitera son neveu de lui avoir avoué la vérité. Pendant ce temps, Octavius et Harry passent un contrat, l'un voulant un élément manquant pour son projet, l'autre que Spider-Man lui soit livré vivant.
Alors que Mary Jane invite Peter à boire un verre afin de lui parler de leur relation, elle est enlevée en plein rendez-vous par le docteur Octopus qui veut mettre la main sur Spider-Man. Se rendant compte du retour soudain de ses pouvoirs, Peter reprend son costume à Jameson et part sauver MJ. Un combat contre Octopus s'engage sur un train, mais celui-ci finit par s'échapper et laisse Peter arrêter le train qui s'est emballé. Comme il a perdu son masque, plusieurs passagers découvrent son identité secrète mais se jurent de n'en parler à personne. Octopus revient brusquement, assomme Spider-Man, l'emmène et le livre à Harry.

Ce dernier retire le masque de Spider-Man et découvre avec stupéfaction qu'il s'agit de Peter. Après une brève discussion, Peter va à l'entrepôt d'Octopus, affronte ce dernier et sauve MJ ; elle découvre à son tour que Peter est Spider-Man. Octopus meurt après avoir détruit son installation, raisonné par Peter. Ce dernier avoue à Mary Jane ses sentiments mais lui dit qu'ils ne pourront jamais être ensemble car le rôle de justicier de Peter passera toujours avant elle. Pendant ce temps, Harry est chez lui et a des hallucinations de son défunt père lui disant de se venger. Pris de folie, Harry lance la dague qu'il tenait dans le miroir de son salon, découvrant le laboratoire caché de son père et qu'il était le Bouffon Vert...

Le lendemain, Mary Jane doit se marier mais fait finalement remettre à son prétendant un mystérieux papier. Elle va chez Peter et lui dit qu'elle est prête à accepter son rôle de justicier, qu'elle l'aime et que c'est désormais son tour de veiller sur lui. Peter et MJ finissent par s'embrasser. Une sirène de police retentit alors ; Peter enfile sa tenue et va stopper un quelconque délit.
Fiche Technique:
Titre : Spider-man 2
Réalisation : Sam Raimi
Scenario : David Koepp, Alfred Gough, Miles Millar, Michael Chabon et Alvin Sargent, d'après les personnages créés par Stan Lee et Steve Ditko
Directeur de la photographie : Bill Pope (et Peter Menzies Jr. : photographie additionnelle)
Musique originale : Danny Elfman
Créateur des costumes : James Acheson
Montage : Bob Murawski
Production : Laura Ziskin et Avi Arad
Producteurs délégués : Stan Lee, Kevin Feige et Joseph M. Caracciolo
Sociétés de production : Columbia Pictures, Laura Ziskin Productions et Marvel Entertainment
Distribution : Columbia TriStar Films
Pays d'origine : Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue : anglais
Budget de production (estimation) : 200 000 000 $
Genre : fantastique, Super-héros, aventure
Durée : 128 minutes, 136 minutes (version longue)
Dates de sortie :
États-Unis : 30 juin 2004
France : 14 juillet 2004
Tous publics
Bande originale
Danny Elfman
La bande originale du film a été composée par Danny Elfman en 2004, sous le titre Spider-Man 2 - Original Motion Picture Score.

Divers artistes
Cet album, sous le nom Spider-Man 2 - Music From and Inspired by2, reprend deux titres de Danny Elfman Spidey Suite et Doc Ock Suite et plusieurs morceaux, dont Woman du groupe Maroon 5.

Autour du film
Pour le rôle de Docteur Octopus, avant que ce soit finalement Alfred Molina qui fut choisi, les premiers choix furent Robert De Niro (qui avait été sollicité pour incarner le Bouffon Vert lors du précédent opus), Sam Neill, Ed Harris, David Duchovny, Liev Schreiber et Chris Cooper. Pour le personnage de John Jameson, Jerry O'Connell avait auditionné pour le rôle.
On peut voir l'apparition très rapide de Stan Lee, le créateur des comics lors du pillage d'une banque par le Docteur Octopus : il est un vieil homme sauvant une passante d'un bloc de roche lui tombant dessus. On le voit à nouveau traversant l'écran en arrière-plan au moment où Peter a perdu ses pouvoirs.

Bruce Campbell, le héros de la trilogie Evil Dead (également réalisée par Sam Raimi) joue le rôle du portier du théâtre. On peut supposer aussi un clin d'œil à Evil Dead lors de la scène de l'opération du Dr Octopus où l'un des chirurgiens brandit une tronçonneuse. C'est également le début des théories où il serait en réalité Mysterio. Tobey Maguire a failli ne pas rempiler pour le rôle de Peter Parker à cause de ses problèmes de dos. S'il avait dû se retirer, l'acteur Jake Gyllenhaal était pressenti pour reprendre le flambeau. À noter que Sam Raimi se moque gentiment des problèmes de dos de l'acteur lors de la scène où Peter saute du toit d'un immeuble ("I'm back!" (VO) signifiant « Je suis de retour ! » ; « Ça va faire mal ! » (VF)) et tombe ("Ooooh, my back..." (VO) signifiant « Oooh mon dos… » ; « Ça fait mal… » (VF)).

Il y avait une rumeur selon laquelle Thomas Jane, qui a joué le rôle de Frank Castle alias Punisher, apparaissait vers la fin du film, dans la scène du mariage avec John Jameson. L'homme en noir que l'on aperçoit derrière Mary-Jane en robe, la regardant au moment où elle passe en courant à côté de la fontaine du parc, est donc la doublure de Thomas Jane. Le personnage de Frank Castle apparaît donc bel et bien à la fin du film.

Une version prolongée du film est sortie comme promotion à Spider-Man 3, à savoir Spider-Man 2.1.
Une rumeur disait que Sam Raimi voulait également faire combattre Spider-Man contre le Lézard (alors joué par Dylan Baker) mais ce dernier est finalement devenu le simple professeur du héros.
Hal Sparks apparait durant une courte scène. Il rencontre Spider-Man dans un ascenseur et parle de son costume avec lui. Ce passage peut faire penser à un ancien rôle d'Hal Sparks, celui de Michael Novotny dans Queer as Folk, lui-même passionné par les comics et propriétaire d'un magasin de bande dessinées. Le film est vaguement inspiré d'un roman de l'auteur Vargo Statten : Les Fabricants de soleil écrit en 1950

Secrets de Tournages:
Naissance d'un super héros...sur le papier
Le légendaire personnage de Spider-Man a été créé par Stan Lee et Steve Ditko (qui sera quant à lui à l'origine du personnage Nick Fury, agent du S.E.R.V.O). Il fait sa première apparition en 1962, dans le magazine Marvel Amazing Fantasy. Fort du succès de son nouveau personnage, le magazine fut très vite rebaptisé Amazing Spider-Man, et à nouveau publié à partir de mars 1963.
Un énorme potentiel
La parole à la productrice Laura Ziskin : "Nous avions toujours pensé que le film avait un potentiel énorme, d'abord parce que le personnage et ses histoires connaissent un succès qui ne se dément pas depuis plus de 40 ans. Nous sommes restés fidèles aux éléments qui faisaient la force de la bande dessinée Marvel : l'aventure, la romance, l'humour. Tout au long du processus de création du film, nous avons respecté l'esprit. Même deux ans après sa sortie, beaucoup de gens continuent à me dire combien ils ont aimé le premier film et avec quelle impatience ils attendent le second"."

Les voeux d'un cinéaste
Bien que le personnage de Spider-man soit supposé combattre le Dr. Octopus en premier, selon l'ordre de la bande dessinée, le réalisateur Sam Raimi était beaucoup plus attaché à voir s'affronter l'homme-araignée contre le Bouffon vert dans le premier volet, réservant l'apparition de Doc Ock pour la suite de Spider-Man.
Une invitée de choix...
Les premières trames scénaristiques prévoyaient un rôle prépondérant pour le personnage féminin Black Cat, qui n'a finalement jamais vu le jour.

Un personnage populaire...et menaçant
Le personnage de Doc Ock est apparu pour la première fois dans The Amazing Spider-Man n°3, publié en 1963. D'après la bande dessinée, chacun de ses membres peut bouger à une vitesse atteignant les 30 mètres par seconde, "avec une puissance comparable à celle d'un marteau piqueur". Ces tentacules, d'une prodigieuse puissance, lui permettent de soulever un véhicule, de pulvériser un mur, de s'agripper à des parois de béton, et de fondre sur ses victimes depuis les airs. Les tentacules de Molina pèsent entre 35 à 45 kilos, selon l'activité nécessitée par la scène. "Chacun d'eux, constitué sur toute sa longueur (4 m) d'environ 76 pièces individuelles, était articulé en totalité". A titre de comparaison, si l'on mettait bout-à-bout les tentacules, la longueur dépasserait la hauteur d'un immeuble de 20 étages...

Un titre non définitif
Avant de trouver le titre définitif, les producteurs ont successivement pensé à "Spider-Man : No More", "Spider-Man 2 Lives, et "Spider-Man : Unmasked" pour revenir simplement à Spider-Man 2.

Ironie du sort...
Dans le premier film d'Alfred Molina, Les Aventuriers de l'Arche perdue (1981), le réalisateur Steven Spielberg demanda à l'acteur d'accepter que des...araignées grouillent sur son corps.

Un budget colossal
Près de 54 millions de dollars ont été dépensés pour les seuls effets spéciaux.

De gigantesques décors
Le chef décorateur Neil Spisak a conçu et réalisé plus d'une centaine de décors et de lieux de tournages pour Spider-Man 2, depuis une dizaine de très gros décors à un simple croisement de rues. Il explique : Nous avons tourné sur 11 blocs dans le centre de Los Angeles, et utilisé un nombre incalculable de toits, de rues et d'immeubles. C'est sans aucun doute l'échelle la plus vaste sur laquelle j'ai travaillé !". Le tournage a débuté le 12 avril 2003 à New York. L'équipe a passé près de trois semaines à filmer dans différents endroits de Manhattan, du Queens et de Brooklyn, ainsi qu'en studio. Le réalisateur Sam Raimi ajoute :"Neil a créé un New York très consistant. Ce n'est pas un New York naturaliste, ni totalement imaginaire non plus. Neil a su trouver le fantastique qui existe dans le New York que nous connaissons, puis il l'a concentré et condensé pour en faire un monde crédible où existe Spider-Man."

L'antre de Doc Ock
Le décors de l'entrepôt de la jetée, refuge de Doc Ock sur l'East River, est l'un des plus élaborés du film. Ce décor a nécessité 15 semaines de construction. Neil Spisak, le chef décorateur, explique :"Au contraire du laboratoire personnel d'Octavius, qui était situé chez lui -un espace net, organisé et propre- la jetée tombe en décrépitude. Elle reflète l'évolution de son personnage". Cet impressionnant décor mesurait 18 m de large sur 36 de long, et 12 de haut. Il a été construit au-dessus d'un bassin et complété par des éléments de production hybrides comme des images de synthèse, des transparences et des maquettes.

Spider-Man sans Tobey Maguire ?
L'acteur Tobey Maguire a failli ne pas endosser à nouveau le costume de l'homme-araignée, en raison de sévères douleurs dans le dos. Jake Gyllenhaal fut alors contacté pour interpréter le rôle-titre et avait déjà entammé sa préparation physique, mais Tobey Maguire finit malgré tout par accepter le rôle.

Trois Dr. Octavius pour le prix d'un
Les acteurs Sam Neill et Robert De Niro ont été un temps pressentis pour incarner le personnage de Doc Ock.

Tournage décalé
Le début du tournage devait initialement commencer en février 2003, mais Tobey Maguire se blessa au bras, entraînant le report du début du tournage de deux mois.

Le 6e sens de l'araignée
Le premier film montrait la manière dont Peter avait acquis ses extraordinnaires pouvoirs" explique Avi Arad, l'un des producteurs du film. Le second volet des aventures de l'homme araignée "élargit la compréhension de ces talents spéciaux, pas uniquement la capacité de projeter des fils et de monter aux murs, mais surtout le "sens de l'araignée" -cette espèce de 6e sens qui avertit Peter du danger, une sorte de prescience- et le danger potentiel qu'il y aurait à refuser ces dons."

A propos de la Spydercam
La spydercam reflète la vision de Spider-Man depuis les toits de la ville. Manipulée par John Dykstra et son équipe, la caméra spéciale a été couplée à un ordinateur commandé à distance suspendu sur un câble reliant les toits d'immeubles de Wall Street. La caméra a ainsi "voyagé le long d'un câble suspendu sur quatre blocs, plongeant dans les rues et au-dessus des toits des immeubles, des véhicules et des décors placés pour la séquence." Grant Curtis, le coproducteur du film, ajoute : "C'était un challenge pour nous d'installer toute l'équipe de tournage au sommet des gratte-ciel, mais les toits constituent le monde de Spider-Man, et offrent une vue fantastique de la ville. Voir le monde depuis une hauteur de 70 étages, c'est à vous couper le souffle. Nous avons voulu montrer dans ce film plus encore du monde vertigineux de Spider-man".

Revue:
Peter Parker a renoncé à son idylle avec Mary Jane Watson dont il est fou amoureux, a perdu son job de livreur de pizza, devient l’un des pires élèves de sa promotion... Car Peter Parker est aussi Spider-Man, et cette double identité est bien difficile à assumer. Tandis qu’il songe à abandonner sa mission de justicier, un ennemi mortel voit le jour : le Dr. Octopus. La critique qui suit ne contient pas de réelle révélation sur le déroulement ou la fin du film. Il est toutefois conseillé de ne rien savoir sur Spider-Man 2 avant d’aller le voir. Si ce n’est que c’est un chef d’œuvre absolu, largement supérieur au déjà excellent premier épisode.

DANS LA TOILE DE SAM
Retour sur l’une – la meilleure - des affiches du film : Spider-Man, de dos, tête nue, son masque à la main. Devant lui s’étend le paysage cimenté de New-York, éclairé par le soleil couchant. Deux détails qui font toute la profondeur et la substance du film, deux oppositions : Spider-Man/New York et Spider-Man/Peter Parker. La force de cette affiche, c’est d’avoir parfaitement retranscrit, en un plan, l’enjeu du film. La force de Sam Raimi, c’est d’avoir si bien assimilé et digéré la mythologie créée par Stan Lee qu’il peut aujourd’hui la détourner et la confronter à des tourments bien plus grands que ceux imaginés pour la bande dessinée. Et aujourd’hui, comme suggéré par l’affiche, l’ennemi principal de Parker c’est lui-même, ou plutôt son double, renforcé par la ville de New York post 11/09 qui, de par l’insécurité dont elle est la proie, ne lui laisse plus aucune vie privée. Réelle nouveauté pour un film qui en compte d’innombrables, et véritable preuve d’intelligence de la part d’un cinéaste capable – il l’a prouvé par le passé - de tourner en dérision ses personnages sans jamais les ridiculiser, isolant cette fois le super-héros au milieu d’un univers hostile, où chaque détail insignifiant constitue un obstacle. Déconstruisant littéralement une icône pour mieux la recréer, Sam Raimi se la réapproprie dès son sublime générique, confiant le visuel à l’illustrateur Alex Ross qui a pour charge de peindre des aquarelles relatant les divers moments du premier film. Le passé de Spider-Man, c’est désormais celui de Raimi, de Koepp, celui inventé pour le cinéma. Spider-Man n’existe plus, vive Spider-Man ! Et l’araignée de Sam n’étant pas celle de Stan, le réalisateur peut faire œuvre d’iconoclaste, et bouleverser entièrement la légende mise en place dans la bande dessinée.

IT’S A LONG ROAD WHEN YOU’RE ON YOUR OWN
« With great power comes great responsibility ». Avons-nous le choix ? Superman 2 posait de façon incroyablement crétine la question, Batman 3 y répondait de façon incroyablement lourde (Bruce Wayne, une fois guérit de sa psychose, choisit de rester Batman). Sale temps pour un héros : Parker perd son boulot, ses amis, son amour, à cause de son alter ego et du temps que celui-ci nécessite.
La première partie du film est ainsi le récit d’une impuissance et de la thérapie qui va conduire à sa guérison. Prodigieuse idée qui fait directement suite à la métaphore sexuelle du premier film, dans lequel la masturbation et l’éjaculation trouvaient leur représentation dans des jets de toile semblables à des jets de sperme.

Après la puberté arrivent les premiers doutes, les premiers échecs. Et Sam Raimi d’imaginer toutes les situations les plus invraisemblables et les plus jouissives pour plonger son héros dans l’embarras : absence soudaine de toile, chute, visite chez le médecin… Les scènes qui en découlent ont un potentiel comique que le cinéaste exploite à chaque fois et de façon astucieuse, à l’inverse d’un Richard Lester sur le retour (Superman 2 et 3). Mais l’obligation que Parker ressent et le poids qu’elle entraîne sur sa vie privée constituent désormais pour lui un blocage quasi sexuel.
Spider-Man 2, au-delà de ses séquences d’action absolument inouïes (la scène du métro aérien est d’une virtuosité totalement inédite), c’est le récit d’un choix intime, choix qui fait lui-même suite à l’apprentissage du premier film. Spider-Man se concluait sur la question « Who am I ? » à laquelle Parker ne répondait pas vraiment : humain ou insecte, ado ou héros. Face à l’adversité, Parker choisit aujourd’hui les deux, non par obligation, malédiction ou remord (la mort de son oncle Ben dont il s’estime responsable), mais bien par envie.

BAS LES MASQUES
Sam Raimi, dont la personnalité inonde chaque plan sans exception (aussi bien visuellement que thématiquement), illustre par un montage éblouissant et une mise en scène virtuose une histoire radicalement humaine. Chaque second rôle bénéficie de l’apport minutieux du scénariste et du réalisateur, chaque personnage se trouve renforcée par une seconde, puis une troisième couche, y compris le terrifiant Dr. Octopus, dont le seul défaut est d’avoir une relation avec Parker moins profonde que celle littéralement œdipienne que le héros entretenait avec le Green Goblin dans le premier épisode.

Dans Spider-Man 2, chaque personnage retire son masque, faisant son propre choix – voir la dernière scène d’une émouvante pudeur -, et le véritable visage de chacun se met à jour. A ce titre, le parcours quasi christique qui fait directement suite à la prodigieuse scène du métro aérien déjà citée reste sans doute l’une des plus belles idées du film. Spider-Man appartient à New York, Spider-Man est New York, et ses habitants, soudés par le traumatisme du 11 septembre, ne font une fois de plus qu’un avec l’homme araignée. Bouleversante scène qui montré un héros exténué, plus humain que jamais, comme mis à nu, qui trouve un second souffle dans l’amour et le respect que lui portent les autres protagonistes.

Et malgré la grandiloquence de cette scène, malgré l’émotion sans doute facile qu’elle dégage à l’image du reste du métrage, Sam Raimi remporte haut la main son pari pour la seconde fois, faisant de ce nouvel épisode un film imparfait, sans doute moins carré (parce que plus de personnages, plus d’intrigues) que le précédent, mais ô combien plus attachant. Et si l’on peut parler de jouissance absolue pour le spectateur devant la perfection de scènes d’action hallucinante, le premier mot qui vient à l’esprit à la vision de ce second opus est bien plus intime. L’émotion. Tout simplement.

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